Copain

1964 Salut les copies

Tourne-disques Teppaz

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"Dans son livre publié en 2012, Daniel Filipacchi justifie ainsi la promotion de ces jeunes chanteurs (bientôt qualifiés de yéyés) souvent un peu insipides qui ne se distinguent ni par la qualité de leurs textes, ni par l'originalité de leurs musiques : « On m'a parfois reproché mon attitude ambiguë par rapport aux yéyés. En fait, j'estimais simplement que si certains Français imitaient correctement les jazzmen américains, il n'y avait pas de raison pour que cela ne soit pas également possible avec les rockeurs anglais et américains ».

Copains, copies ...

Petit à petit l'émission se concentre sur ce qui plaît à son jeune public, celles et ceux qui font tout pour leur ressembler, leurs « copains », et qu'ils vont ériger en « idoles ». Un nouveau marché se créée, rendu possible par l'élévation rapide du niveau de vie et par la généralisation corrélative de l'attribution régulière d'argent de poche par les parents. Le commerce des « 45 tours » est promu par l'apparition des postes de radios à transistors, lesquels permettent d'écouter les émissions sans plus dépendre du meuble installé dans une pièce commune, ainsi que par la diffusion de tourne-disques à relativement bon marché (notamment les fameux Teppaz) , objets des cadeaux de Noël et d'anniversaire."

Sheila dans sa boutique

"Ensuite, le marché s 'élargit aux gri-gris et aux vêtements dont les « copains-idoles » assurent la promotion. On voit par exemple Sheila vocaliser « tous les deux » en pratiquant des essayages sur des copines (à noter que le féminin est beaucoup moins utilisé) dans une des boutiques de son réseau de vente."

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Couverture Salut les copains

"En 1962, « Salut les copains », l'émission, a favorisé le lancement de « Salut les copains », la revue. En décembre 1963, le tirage dépasse le million d'exemplaires et on estime que la publication atteint plus de quatre millions de lecteurs.

C'est considérable en tant que phénomène d'édition mais, contrairement à ce que l'on en déduira plus tard, cela n'en fait pas un phénomène de génération puisque la cible visée est alors au moins du double si ce n'est du triple.

Je peux porter témoignage que d'autres jeunes n'étaient pas « fans des sixties » et préféraient des interprètes plus originaux et pas forcément aux têtes chenues (Anne Sylvestre avait 25 ans en 1959 quand, après plusieurs années dans les cabarets, elle se fit connaître avec « mon mari est parti »)."

Le groupe rock Les Vautours

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"Les groupes s'affichaient sous des appellations menaçantes : les pirates, les vautours, les chats sauvages, les brutos, les rebelles, les cyclones … et il y avait en effet beaucoup à craindre de leurs agressions portées aux systèmes auditifs.

Ces groupes, on pouvait les voir se trémousser frénétiquement dans l'émission « âge tendre et têtes de bois » que l'unique chaîne de télévision avait étrangement confiée en 1961 à un harmoniciste quarantenaire qui profitait de l'aubaine pour jouer de son instrument pas spécialement dans l'air du temps."

"Comme beaucoup, je regardais cette vague yéyé avec un certain détachement, conjecturant qu'après avoir emporté la vague des chanteurs roucoulants, elle serait elle-même bientôt gagnée par une marée portée par le vent versatile d'une autre mode.

Exprimant cette opinion à un « copain d'école » idolâtre de Johnny Hallyday, il me rétorqua que son "idole des jeunes" autoproclamée serait encore fringante et adulée cinquante ans plus tard.

Il avait à l'évidence raison. Mais Johnny Hallyday, comme un petit nombre de ses congénères, allait progresser, apprendre son métier, se renouveler tandis que bien d'autres disparaîtraient ou resteraient confinés dans la resucée de leurs tubes fallacieusement prometteurs pour un public nostalgique et accommodant."

Textes entre guillemets extraits de l'Abécédaire d'un baby-boomer

 

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