Justice

1972 Notable donc coupable

"A mes yeux, un juge d’instruction devrait, au-delà de ses compétences en droit, être une personne rigoureuse, méthodique, ayant la modestie de ne pas se targuer de certitudes, peu sujette à l’émotion et qui consacre toute son énergie à établir la réalité des faits et les responsabilités des protagonistes, ce afin que le processus de jugement final ne laisse nulle place aux aléas des « intimes convictions ».

Manifestement, les procédures de sélection, d’évaluation et d’encadrement des juges d’instruction par l’institution judiciaire ne permettent pas de parvenir dans tous les cas à atteindre ces objectifs."

 

L'affair dans France-soir
France-soir : un "richissime" notaire qui n'a pas d'"alibi" ...

"A Bruay en Artois, petite cité minière, une jeune fille de 16 ans, Brigitte, quitte le domicile de ses parents le 5 avril 1972. Son corps est retrouvé à proximité le lendemain. Un témoin dit avoir aperçu le notable local, le notaire, dans les parages à l’heure du crime et celui-ci a quelques difficultés à détailler son emploi du temps.

8 jours plus tard, le juge Pascal « met en prison le notaire » selon son expression. C’est un notaire inculpé de meurtre que l’on met en prison et non un citoyen placé en détention préventive pour les besoins d’une instruction qui est loin d’être parvenue à son terme. Pour faire bonne mesure et sans plus de preuve tangible, le juge claquemure également l’amie du notaire pour complicité."

 

Page du journal " la cause du peuple" Titre ; la justice des corons
La justice selon le journal "La cause du peuple"

"Le juge est très actif sur la scène médiatique et ses propos laissent à penser qu’il tient à faire figure de justicier social. Il semble fort satisfait de lui et même un peu goguenard. Des militants d’extrême gauche, plus parisiens qu’artésiens, créent un comité « vérité-justice » grâce auquel ils catalysent l’émotion suscitée localement dans des défilés ou l’effigie du juge côtoie celle de la jeune Brigitte.

 

Dessaisi le 20 juillet, le juge se présente alors comme la victime de la justice de son pays (qui ne pourrait, selon lui, admettre qu’un notable soit coupable) et plastronne en prétendant être parvenu à un « point irréversible », sous-entendant que son successeur n’aura d’autre choix que de confirmer des conclusions auxquelles il est parvenu, lui, en un temps record."

 

"Le notaire et son amie seront blanchis et le meurtrier ne sera jamais identifié."

 

 

"Qui pourrait prétendre qu’il n’existe pas de similitudes avec les instructions de deux autres affaires survenues depuis lors ? :

• Celle de la Vologne débutée en 1984 et conclue en 2002 par un jugement de la cour d’appel de Versailles condamnant l’Etat pour « un manque total dans la maîtrise et dans la conduite de l’enquête et de l’instruction », puis en 2004 par le versement d’indemnités aux parents de la petite victime pour « faute lourde ». Le ou les coupables n’ont jamais été identifiés,

• Celle d’Outreau (2001-2005) jetant en détention de parfaits innocents « présumés coupables » pour certains pendant plus de trois ans."

 

Textes entre guillemets extraits de l'Abécédaire d'un baby-boomer

 

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