Mon jubilé orléanais

Jubilé, ce n'est pas tout à fait exact: j'ai commencé à découvrir l'Orléanais en 1971 et m'y suis installé en 1973. Toutefois, la nécessité de composer un titre court et l'espoir de pouvoir compléter cette chronique au moins jusqu'en 2020 légitiment cette option.

 

Orléanais, ce n'est pas faux encore que, ayant toujours résidé à proximité d'Orléans, les lieux que j'évoquerai ici seront généralement ceux de la capitale de cette région historique.

 

Ce texte n'a ni vocation à décrire ladite région, ni ambition d'exhaustivité ou d'objectivité. Il constitue un inventaire des seuls sujets abordés dans les chroniques éditées sur le site baby-boomer depuis une douzaine d'années, sujets reliés à des faits  géographiquement situés en Orléanais.

 

Certaines évocations se limitent à une photographie ou à un court texte, d'autres proposent plus de matière. Dans le texte, les mentions en caractères bleus et en italique constituent des liens sur lesquels le lecteur peut cliquer pour accéder aux chroniques.

 

Il est vivement recommandé d'ouvrir   une nouvelle fenêtre : il sera ainsi plus aisé de retrouver le fil du présent récit après consultation de chaque chronique.

Transports

Aérotrain (en Beauce)

Embauché à Paris en 1971 par une entreprise qui avait déconcentré une partie de son administration cinq ans auparavant en banlieue d'Orléans, je commençais un cycle d'aller-retours en train que je poursuivrais ensuite en sens inverse.

Je découvris ainsi de visu (et particulièrement de auditu ...)   l'aérotrain avant que les essais ne soient  abandonnés en 1974. Ce projet était certes original et ambitieux mais, à l'évidence, sans avenir commercial sur le trajet Orléans Paris du fait du nombre restreint de voyageurs accueillis dans l'habitacle et du tintamarre généré par la turbine, tintamarre supportable en Beauce mais intolérable à l'approche des zones habitées.

Tacot (à Pithiviers)

Aux antipodes de l'aérotrain, bijou technique et futuriste, je découvris le tacot de Pithiviers. Utilisé jusqu'en 1964 pour le transport des betteraves, il avait été rapidement remis en fonction comme «train de plaisir» par un groupe de passionnés. Son court parcours le long d'une route avec des champs de part et d'autre, donc sans aucune valeur touristique, ne l'empêchait pas d'attirer du public, démonstration de l'intérêt nostalgique - qui perdure aujourd'hui - pour les «petits trains qui vont dans la campagne» comme le chantait André Claveau dans les années 50.

Train de desserte locale (sur 27kms à l'est d'Orléans)

Dans la commune ou j'avais emménagé en 1977, la gare était encore ouverte et accessible aux particuliers pour le trafic des marchandises: je l'avais alors utilisée pour acheminer un motoculteur fabriqué en région parisienne. Le trafic voyageurs avait lui été abandonné en 1940.

En 2018, ce convoyage de marchandises existe toujours mais s'opère à vitesse réduite du fait de l'état d'entretien des voies. Dès les années soixante-dix - et peut-être avant – des militants prônaient régulièrement la réouverture au trafic voyageurs. Un projet mené par la SNCF était sur le point de se concrétiser en 2018. Il a été suspendu en juin et il y a selon moi bien des arguments à considérer avant de le relancer.

NB j'ai précisé en introduction que je ne prétendais pas à l'objectivité. On en a là une illustration. A chacun de se faire son opinion (pas plus "objective" …). 

Buffet de gare (Orléans)

Bien qu'en cul-de-sac, l'ancienne gare d'Orléans était dotée d'un buffet. La nouvelle, inaugurée en 2008, a perdu ce lieu d'agapes ferroviaires comme la plupart des gares en France. Le buffet de la gare de correspondance à Fleury les Aubrais a vu sa superficie sensiblement décroître. La navette ferroviaire qui la reliait à Orléans a été remplacée en 2011 par le tramway (qui, comme on va le voir fonctionnait alors depuis onze ans).

Tramway (Nord-Sud puis Est-Ouest de la métropole d'Orléans)

Comme beaucoup de villes, le tramway, jugé vieillot dans les années 50, a retrouvé la faveur des municipalités et des voyageurs dans les dernières décennies. A Orléans, une première ligne nord-sud sur 18 kilomètres a été ouverte en 2000. Il a fallu attendre 12 ans et l'étude de toutes les options possibles de transport en commun pour qu'une ligne est-ouest soit ouverte au public. Longue de seulement 11,3 kilomètres, elle est encore loin de couvrir les besoins de toutes les villes constitutives de ce qui est devenu Orléans-métropole le 1 mai 2017.

Des parkings-relais ont été aménagés, ce qui constitue une bonne solution mais, en l'occurrence et au moins pour l'un d'entre eux, la réalisation pêche par des maladresses de conception qui auraient aisément pu être évitées.

 

Solutions de substitution aux véhicules individuels

Outre le tramway, dont le succès ne se dément pas grâce à une fréquence élevée (généralement 7 minutes), le réseau de bus a été progressivement étendu.

Des vélos et quelques voitures en libre-service partagées ont été mis à disposition en 2007. A en juger par l'observation que chacun peut en faire, il ne me semble pas que la formule soit très appréciée.

Autres formules originales: le vélo-taxi qui rappelle les équipages des années de guerre et, autre originalité, des minibus du réseau faisant office de taxis sur une partie de l'agglomération.

Dans une chronique récente consacrée aux taxis, j'évoque ces solutions.

Traction animale (dans la campagne autour d'Orléans)

Si des solutions nouvelles sont apparues, celle de la traction animale a complètement disparu. Alors que j'avais connu et utilisé ce mode de transport dans les années 50 en Basse Normandie, durant les années 70 et 80, il n'en restait ici que quelques résurgences : un cheval qui terminait sa carrière dans l'écurie de voisins dans notre première maison en lisière de la forêt d'Orléans et, plus tard, un homme âgé juché sur une carriole conduite par un autre cheval caracolant en bordure de notre maison à 10 kilomètres d'Orléans.

Commerces

Boucheries chevalines (à Orléans et alentour)

La grande période des boucheries chevalines s'étend de 1956 à 1963 et ce n'est pas un hasard si elle coïncide avec celle de l'abandon de la traction chevaline. Dans ma commune et dans une autre limitrophe, les boucheries chevalines ont disparu depuis notre arrivée. N'ayant jamais été client, je ne saurais dire exactement à quelle date, probablement à la fin du siècle précédent.

On trouve encore quelques barquettes de cheval à l'hypermarché local et au moins un commerce spécialisé à Orléans.

Drogueries (à Orléans et dans les communes alentour)

Le même phénomène de raréfaction touche d'autres commerces et ce n'est pas une évolution spécifique à la région. En 1976, alors que je clôturais le terrain que nous avions acheté, je me procurais du carbonyle dans une petite droguerie de la rue Royale, une rue qui, comme son nom le laisse augurer, n'est pas à proprement parler destinée à être fréquentée par des gueux édifiant leur modeste enclos.

Depuis lors, le pas de porte a accueilli d'autres commerces d'un standing plus conforme à l'appellation de la rue. Les drogueries qu'il m'arrivait alors de fréquenter, notamment à Chateauneuf sur Loire, ont disparu comme d'ailleurs a disparu le carbonyle, classé produit hautement toxique. A Orléans, ne subsiste qu'un commerce dédié à la droguerie. Les produits se trouvent désormais dans des plus ou moins «grandes surfaces» en périphérie.

Disquaires (à Orléans)

Autre commerce dédié quasiment disparu: celui de disquaire dont les enregistrements, relégués au rang de produits comme ceux des drogueries, trouvent désormais place dans des implantations de la «grande distribution», au mieux consacrées à des «produits culturels».

 

 

 

Supermarchés - Hypermarchés (à la périphérie d'Orléans)

A notre arrivée dans la région en 1973, le supermarché le plus proche se situait à une quinzaine de kilomètres de notre domicile. Habitant à Paris intra-muros auparavant, notre expérience de magasins de chaînes nationales se limitait à Félix Potin. Avec Carrefour, la dimension était toute autre. La marque distributeur se présentait sous l'appellation de «produits libres».

En 1990, un hypermarché s'est établi dans la zone commerciale de notre commune (zone agricole à notre arrivée), lequel s'est ensuite étoffé de même que sa galerie marchande avec ses 37 magasins. De nouvelles enseignes sont apparues notamment liées à la commercialisation de produits surgelés et à l'équipement par les particuliers de congélateurs (généralement acquis après le lave-linge et le lave-vaisselle).

Il reste peu de commerces dans le centre du bourg: coiffeur, épicier fruits et légumes, charcutier-traiteur, vendeuse de vêtements, fleuriste ont notamment déserté les lieux depuis les années 70. 

Bistrots (autour d'Orléans)

En France, le nombre de bistrots ne cesse de diminuer. On impute cette diminution à divers facteurs sans trop déterminer leurs poids respectifs: la télévision qui retient à domicile, les campagnes contre l'alcoolisme, l'interdiction du tabac dans les lieux publics.

Je ne saurais dire ce qu'il en est à Orléans mais il y avait deux cafés dans le centre-bourg de ma commune (tout comme dans la commune limitrophe) il y a quarante ans et aucun n'a fermé contrairement au mouvement national. Peut-être l'accroissement important du nombre d'habitants explique t'il cette exception? 

Restaurants (à Orléans)

Le nombre de restaurants est sans aucun doute aujourd'hui plus élevé qu'il ne l'était auparavant. C'est particulièrement observable dans le centre d'Orléans depuis que ce dernier est devenu piétonnier et que la plupart de ses constructions ont été coquettement restaurées.

Combien de ces établissements sont-ils passés au règne du micro-ondes? Beaucoup si j'en juge par l'apposition pour le moins rare de l'affichette «fait maison» visant à distinguer les restaurants à chefs depuis juillet 2014.

 

Les «restaurants rapides» se sont multipliés jusqu'à atteindre ma commune tandis que, plus récemment, les «camionnettes-restaurants» sont apparues dans des endroits parfois inattendus mais repérables grâce à la géolocalisation.

 

Vie domestique et progrès technique

Téléphone (d'abord au domicile puis partout ailleurs)

L'Orléanais ne se distingue pas fondamentalement des autres régions Françaises qui sont passées en cinquante ans de téléphones rares et domestiques à une profusion de téléphones portables.

Cependant, le saut technologique a été pour ce qui nous concerne particulièrement important. Nous installant en 1973 dans un village en lisière de la forêt d'Orléans, nous héritions d'un récepteur téléphonique doté d'un cadran sans chiffres et sans lettres, cadran qu'il fallait tourner pour joindre le bureau de poste de la commune voisine afin d'obtenir le numéro demandé. Pour nous joindre, en l'absence d'automatique, il fallait fournir à l'opératrice un nombre à deux chiffres suivi du nom de la commune, ce qui ne manquait pas d'étonner les Parisiens. Cela devait durer comme cela deux ans avant que le cadran ne soit doté de chiffres et de lettres et que nous soyons gratifiés d'un numéro d'appel alors à six chiffres.

Le smartphone de 2018 est un condensé des progrès techniques accomplis dans nombre de domaines. Il a bien entendu permis au téléphone de subir, quatre décennies plus tard, une évolution similaire à celle de la radio passant des lampes aux transistors, mais il a aussi apporté des quantités de fonctionnalités qui changent la vie courante, ainsi par exemple, comme cité précédemment, des camionnettes-restaurants aisément repérables dans les endroits les plus improbables.

On trouvera un recensement des principaux progrès qu'il a fallu accomplir pour parvenir au smartphone d'aujourd'hui.

 

Télévision et magnétoscope (d'abord au domicile puis partout ailleurs)

A notre arrivée en Orléanais en 1973, le téléviseur que nous avions acquis trois ans auparavant était dépourvu de télécommande (il n'y avait alors que deux chaînes), affichait des images en noir et blanc (la couleur était timidement apparue en 1967) et ceci dans une caisse en bois d'assez belle facture. Inutile de commenter les changements aisément observables survenus depuis lors dans ce domaine.

Le magnétoscope d'appartement, apparu en 1976, allait plus tard nous «libérer de nos chaînes» et concurrencer un peu plus les cinémas de quartiers.  

Environnement

Lavoirs (autour d'Orléans)

Les années 50 et 60 avaient été marquées par les arts ménagers et par l'équipement des «ménages» au premier rang desquels le lave-linge. Les lavoirs, désormais privés de leur fonction étaient laissés à l'abandon, voués aux graffitis et autres déprédations. Sur notre commune, des volontaires, dont beaucoup, si ma mémoire est bonne, appartenaient au conseil municipal le remirent en état au tournant des années 80. Il s'agissait là d'une initiative que l'on verrait se développer plus tard pour faire des lavoirs les représentants privilégiés du petit patrimoine. Pour autant, ici, comme ailleurs, le petit patrimoine n'attire pas des hordes de touristes.

Chasse (autour d'Orléans)

Avec cette chronique sur la chasse, une autre illustration de mes partis pris mais pris sur la base d'événements vécus, à savoir une balle perdue dans les rayons de la bibliothèque et, plus récemment, un épisode de chasse aux sangliers pour le moins rocambolesque. 

Vignobles (autour d'Orléans)

Les bords de Loire à proximité d'Orléans étaient autrefois le siège de grands vignobles. Le vin y était ordinaire, «de table».

Le demi-siècle écoulé a été marqué par une forte diminution de la production (et encore plus forte des producteurs) ainsi que par une montée en gamme aboutissant à la reconnaissance de vins d'appellation contrôlée.

Près de mon domicile, l'arpent de vigne qui était exploité par des paysans comme l'on n'en voyait plus guère depuis les années soixante et qui était à leur usage exclusif, cet arpent a été arraché début 2017 après disparition des propriétaires. 

Sanatoriums (autour d'Orléans)

En arrivant dans la commune ou je réside depuis bientôt 42 ans, j'ai découvert que les sanatoriums n'avaient pas été exclusivement implantés en montagne ou au bord de la mer et que l'établissement qui s'intitulait maison de repos était encore quelques années auparavant un de ces sanatoriums. Cela m'a bien entendu conduit à investiguer le sujet pour la périphérie d'Orléans mais aussi au plan national. 

Ecologie

Traitement des ordures (Orléans et alentour)

Dans l'agglomération Orléanaise, un effort a été conduit dans le domaine du traitement des ordures: on est ainsi passé de la poubelle ronde portée à bout de bras dont on ne sait trop ce qu'il advient de son contenu aux poubelles différenciées sur roulettes dont le chargement est en partie recyclé, en partie incinéré.

 

Nucléaire civil (Orléans et alentour)

Après Fukushima et avec la montée des attentats les plus monstrueux, il est difficile de ne pas penser, du moins de temps à autre, qu'Orléans est encadré par deux centrales nucléaires à quelques dizaines de kilomètres, une dizaine de Gien à la centrale de Dampierre en Burly.

 

Labels écologiques (Orléans - parc des expositions)

J'évoque ici non sans ironie une visite faite en 2009 au salon terre naturelle.

Une autre illustration de ma «subjectivité» …

 

Des mots

Prénoms (à Orléans comme partout en France)

Curieux de savoir ce qui était à l'origine de la vogue et de la désaffection de certains prénoms, j'ai illustré mon sujet de deux anecdotes croustillantes survenues fortuitement à Orléans. 

Orthographe et sens des mots (à Orléans comme partout en France)

J'avais déjà traité de la vague d'euphémismes qui avait atteint un peu tous les domaines faisant disparaître entre autres les vieux et les voyous transfigurés en «seniors» et en «jeunes de quartiers sensibles». Je n'ai pas cité ici de référence locale mais on ne manquerait sans doute pas d'en trouver en consultant la presse régionale, par exemple La République du Centre ou le Journal de la Sologne.

La polémique qui est née début 2016 de l'application d'une réforme de l'orthographe m'a conduit à m'intéresser aux dérives constatées durant les décennies écoulées et notamment à l'usage abusif de l'anglais. C'est durant cette période que je suis tombé en arrêt devant l'affichette d'un établissement bancaire du centre d'Orléans illustrant que l'on peut être bon dans le traitement des chiffres et beaucoup moins dans celui des lettres ...

Chronique publiée en décembre 2018

28 chroniques, référencées en totalité ou en partie, viennent d'illustrer ce jubilé orléanais. 

Le site baby-boomer comporte 127 chroniques en cette fin d'année 2018.

 

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